
Après deux années où les extrêmes ont dicté leur loi, l’une nous offrant l’ivresse d’une réussite éclatante, l’autre nous rappelant combien la vigne reste vulnérable aux caprices du climat, 2025 semblait enfin vouloir nous accorder un répit. Une saison qui s’annonçait sous de meilleurs auspices, presque apaisée, comme si la vigne, elle aussi, cherchait à reprendre souffle. Début de saison : L’hiver, "froid et rigoureux", s’est retiré en laissant derrière lui des sols encore engourdis. Le printemps sec nous a permis de reprendre le travail du sol sans retard, dans des conditions idéales. Rien n’indiquait alors une avance particulière : le sol tardait à se réchauffer, mais les chaleurs soudaines de fin mars ont brusquement accéléré le cycle, faisant basculer la vigne dans un rythme nouveau.
Avril à Juillet : Sous le soleil d’avril, les premiers travaux manuels se sont enchaînés avec une aisance retrouvée, portés par la bonne humeur de l’équipe et l’espoir d’un millésime prometteur. Les traitements contre le mildiou et l’oïdium ont débuté en mai, accompagnés de belles fenêtres d’ensoleillement qui laissaient croire à une saison sans heurts. Les températures, mois après mois, se plaçaient au-dessus des moyennes : déjà, un millésime solaire se dessinait. L’ensoleillement, supérieur de 213 heures à celui de 2024, a offert à la vigne une vigueur remarquable. La fleur, début juin, s’est déroulée sans incident majeur, malgré un bref épisode de froid et de pluie venu ternir la fin de la période. Les chaleurs persistantes nous ont cependant obligés à intensifier les travaux en vert : la vigne, infatigable, poussait avec une rapidité déconcertante. La véraison s’est véritablement enclenchée à la toute fin juillet. Avec de telles conditions, nous imaginions déjà des vendanges précoces, peut-être dès les derniers jours d’août.
Août: Le mois d’août a confirmé nos attentes : chaud, parfois caniculaire sur sa seconde moitié. Dès le 25, certaines parcelles affichaient des degrés potentiels élevés, trop élevés pour que nous puissions attendre davantage. La décision s’est imposée d’elle-même. Les vendanges commenceraient le mercredi 27 août 2025.
Mercredi 27 Aout : Premier jour de vendanges…et premier orage. Nous avons ouvert la campagne de vendanges par la plantation du Clos des Cornières, avec une équipe réduite, sous des cieux déjà lourds. Les premiers raisins rentrés en cuverie étaient splendides, parfaits même, et ce niveau de qualité ne nous quittera pas jusqu’à la fin des vendanges, autant en rouge qu’en blanc.
Vendanges 2025 : Puis la pluie. Une pluie obstinée, tenace, presque insolente. Jour après jour, elle s’est invitée dans les rangs, tombant sans relâche, au point que nous en viendrons à accumuler plus de 150mm d’eau entre le début des vendanges et leur fin, le 10 septembre. Et pourtant, malgré ces cumuls records, les rendements en jus n’ont jamais été excessifs. Nous achevons le millésime avec une très jolie récolte, certes, mais une petite récolte : environ deux tiers de notre potentiel seulement. Rien d’une année catastrophique, bien au contraire, mais des volumes qui resteront faibles au regard de nos besoins.
Alors que j’écris ces lignes, les décuvages des rouges sont terminés depuis la mi-octobre et nous allons commencer à descendre les vins en cave. Quant aux blancs, ils achèvent tranquillement leur fermentation alcoolique en fûts, poursuivant leur lente métamorphose...
Simon CHAPELLE
Santenay le 01/11/2025
Les rouges montrent d’ores et déjà une belle couleur, une expression franche, un fruit précis, sans excès de concentration ni d’alcool, modérés par les pluies de fin août et début septembre. Un millésime gourmand, structuré, semble se dessiner…
Pour les blancs, les faibles rendements en jus offrent des vins riches, structurés, portés par de belles acidités qui laissent espérer des cuvées d’une remarquable tenue.